Selon Nassim Nicholas Taleb, le Cygne Noir (Le Cygne Noir, éditeur Les Belles Lettres, Paris 2008) serait l’événement totalement improbable, sinon impossible dans l’esprit des gens et qui surviendrait à l’opposé de ce que l’on a établit en fonction des connaissances passées dont on dispose.

Dans la pratique pour un trader ou un opérateur en bourse, le Cygne Noir est la brusque inversion des cours au-delà des limites de risques que l’on s’est imposé. Autrement dit le Cygne Noir va être défini comme un  mouvement des cours en dehors du domaine de probabilité que l’on s’est fixé. Par exemple, si l’on a établit que la fluctuation des cours d’une valeur donnée serait entre 55 et 70 avec une probabilité de 95 %, le Cygne Noir serait la rupture de l’un de ces niveaux. Rupture qui normalement devrait n’avoir qu’une probabilité de 2,5 % d’un coté ou de l’autre. Bien sûr cela vous dit quelque chose. L’utilisation des bandes de Bollinger quand elles sont parallèles vous donne ce type de probabilités.

En principe, vous pouvez jouer en toute confiance, quand sur une unité supérieure, mettons la semaine, vous trouvez des bandes de Bollinger parallèles avec une moyenne plate (voir sur ce même blog les articles Bandes de Bollinger et Chandeliers et la Gestion des risques ) et que sur votre unité de temps opérationnelle, par exemple la journée dans ce cas, votre moyenne de Bollinger va dans le sens de vos prises de position. Votre risque maximum pourrait en toute logique être évalué au niveau des Bandes de Bollinger, plates, sur l’unité supérieure. 

Ce serait parfait si les marchés suivaient les règles que voudraient leur voir suivre les traders.

Seulement, voilà, il y les Cygnes Noirs. Des évènements qui en toute logique ne devraient pas survenir et surviennent. Avec des mouvements amples et ruineux pour le trader.

Vous me répondrez que les stops sont là pour éviter cela. C’est exact. Cependant plusieurs problèmes apparaissent :

 

-Sur les marchés qui ne fonctionnent pas 24 heures Sur 24, les gaps peuvent faire en sorte que les stops se déclenchent et qu’ils soient ensuite retracés.

-Les mouvements erratiques des marchés peuvent faire en sorte que les stops se déclenchent et que le marché retrace immédiatement derrière.

-Qu’un mouvement de panique soit tel que le stop ne fonctionne que très loin derrière.

 

Pour le trader intraday le principal risque est celui du mouvement erratique (à condition qu’il ait pris ses positions de façon intelligente). C’est un opérateur qui travaille en probabilité, il doit donc prendre en compte la volatilité moyenne sur la période travaillée qui est représentée par exemple par l’Average True Range (AVT) sur 8 à 14 bougies, et le multiplier par 2 ou Par 3 selon le degré de probabilité choisi. Si cela explose, cela fait partie des risques acceptés.

 

Pour l’opérateur à plus long terme, cette solution peut ne pas fonctionner. Il va devoir se couvrir à l’aide des instruments existants (par exemple trackers, warrants ou option). Mais il ne doit pas le faire n’importe comment. Il faut qu’il choisissent des instruments dont la contrepartie est susceptible d’exister même en cas gros mouvements et dont l’élasticité lui permette de contrer suffisamment sa perte sur l’actif sur lequel il a opéré.

 

De toute façon, l’opérateur quel qu’il soit, doit garder en tête la possibilité de l’apparition d’un Cygne Noir. C’est faute de ne pas l’avoir fait que la crise financière est arrivée.